Surveillance de vos prothèses macrotexturées, les recommandations du Directoire Professionnel des Plasticiens


Quelles sont les recommandations pour les femmes porteuses d’implants à surface macro-texturée de type Biocell® d’Allergan® ?

Une surveillance annuelle est nécessaire comme pour toutes les femmes porteuses d’implants mammaires. Cette surveillance doit être effectuée par votre chirurgien, votre gynécologue ou votre médecin traitant. En cas d’absence d’anomalies cliniques ou radiologiques, cette surveillance annuelle est suffisante.

Une consultation médicale est indispensable immédiatement, si vous constatez :

  • Un épanchement abondant ;

  • Une augmentation de volume ;

  • Une douleur ou une inflammation ;

  • Toute autre anomalie au niveau du(des) sein(s) ;

  • Tout autre traumatisme sur le(s) sein(s).

Quelles seront les mesures prises lors d’une explantation ou d’un changement d’implants ?

Un prélèvement sera effectué au niveau de la capsule périprothétique, qui est une fine membrane qui se forme naturellement autour de votre implant mammaire. Un prélèvement sera aussi réalisé en cas d’un éventuel épanchement pour le réseau Lymphopath en France.

Pourquoi une telle recommandation ?

Le Directoire Professionnel des Plasticiens sous l’autorité de la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (SoFCPRE) “recommande de ne plus mettre en place d’implants mammaires à surface macro-texturée de type Biocell® de la marque Allergan® en raison de la sur-représentation de ces prothèses” dans les cas de Lymphome anaplastique à grandes cellules (LAGC).

“Il apparaît aujourd’hui que la texturation de l’implant pourrait jouer un rôle important dans la survenue du LAGC.” Cette constatation est effectuée dans un contexte ou un grand nombre d’inconnues demeurent.

Deux autres facteurs ont été incriminés et nécessitent davantage de recherches :

  • Le rôle de certains microbes ;

  • Le terrain génétique.

Historique :

Grâce au réseau Lymphopath en France, 50 cas de LAGC ont été recensés entre 2009 et juillet 2018. Parmi lesquels majoritairement des implants à surface texturée étaient impliqués.

Depuis 2017, les chirurgiens plasticiens français ont émis une recommandation de prudence à l’égard des implants macro-texturés.

Depuis cette recommandation et suite aux travaux de l’ANSM publiés en juillet 2018, les implants mammaires sont distingués en 4 catégories :

  • Lisse ;

  • Micro-texturée ;

  • Macro-texturée ;

  • Recouverte de polyuréthane.

Ce type de recommandation concerne-t-elle d’autres types d’implants ?

Les études continuent concernant :

  • Les autres implants à surface macro-texturée ;

  • Les implants à surface recouverte de polyuréthane.

Le Directoire reste donc prudent et souhaite que soit déterminée une éventuelle exposition au risque.

L’explantation préventive d’implants est-elle recommandée ?

Le Directoire ne recommande pas aux femmes porteuses d’implants à surface macro-texturée une explantation systématique de leurs implants, le risque de contracter un LAGC étant considéré comme extrêmement faible : “la fréquence du LAGC est si faible que le risque est encore très difficile à quantifier”.

Message aux patientes du Docteur Franchi :

“En pratique : je n'ai jamais mis en place le type de prothèse qui pose problème (prothèses à surface macro texturées ou de polyuréthane). Dans un souci de sécurité pour mes patientes, j'ai pris la décision de privilégier dorénavant les implants à surface lisse. Des études scientifiques en cours devraient nous apporter plus de précision sur les risques réels des implants non lisses.”

Dr Franchi

Le Directoire conclut : “Tant en chirurgie reconstructrice qu’en chirurgie esthétique, et lorsqu’il n’existe pas de solution alternative raisonnable, le Directoire souligne que les bénéfices apportés aux patientes par les implants mammaires sont actuellement infiniment supérieurs au risque de
LAGC.”

Source : SNCPRE, Recommandations du Directoire Professionnel des Plasticiens relatives aux implants mammaires et au risque de LAGC. (http://www.sncpre.org)

Consultez le document de synthèse publié.